Souvent originaires d'un autre continent, importées volontairement ou non, de nombreuses plantes dites invasives prolifèrent et créent de sérieux problèmes écologiques, économiques et parfois même sanitaires.
Les plantes invasives les plus courantes dans nos régions
La jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora)
Originaires d’Amérique du Sud, les jussies ont été introduites accidentellement en France en 1830. Résistante et très adaptable, la jussie à grandes fleurs menace aujourd’hui l’équilibre biologique et altère la qualité des milieux aquatiques de nos régions. En Picardie, les associations naturalistes se mobilisent pour lutter contre cet envahisseur vert en pratiquant l’arrachage manuel à partir des berges ou d’une embarcation.
La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
Atteignant jusqu’à 3,5 m de haut, la berce du Caucase est la plus grande ombellifère d’Europe. Mais cette plante ornementale remarquable est aussi hautement allergisante : effleurer ses feuilles peut créer de graves brûlures. Originaire du Caucase, la berce s’échappe depuis peu des parcs et jardins pour coloniser la nature. Elle a déjà été signalée aux environs d’Amiens et dans le sud de l’Aisne.
Le raisin d'Amérique (Phytolacca americana)
C'est une plante herbacée vivace originaire d'Amérique du Nord. Elle aurait été cultivée pour ses propriétés colorantes. Toute la plante est toxique (empoisonnement en cas d'ingestion, réactions allergiques signalées lors de fauchages). Elle est dangereuse pour les forestiers comme pour les animaux. Ses graines sont extrêmement persistantes dans le sol. On en trouve de nombreuses stations en forêt de Fontainebleau où des arrachages sont opérés régulièrement.
L'arbre à papillons (Buddleia daviddi)
Originaire de Chine, il a été largement utilisé comme plante ornementale (jardins, aménagements paysagers). Il se reproduit facilement par bouturage. Il s'étend sur de très nombreuses rivières.
L'ambroisie (Ambrosia artemisiifolia)
C'est une annuelle originaire du continent américain. Elle colonise les terrains remaniés et aussi les bords de rivière. Elle est qualifiée de “polluant biologique” par les médecins tant ces impacts sur la santé sont importants (pollinose). Ces graines peuvent survivre plusieurs dizaines d'années dans le sol. Alors ne la laissez pas fleurir !
La tige des ambroisies est très poilue. Les deux côtés des feuilles sont vert clair. Seules deux fauches répétées, fin juillet et fin août, permettent d'éviter leur floraison.
Les basalmines de l'Hymalaya (Impatiens Glandulifera)
Ce sont des plantes herbacées annuelles, originaires de l'Hymalaya et introduites en Europe ves 1830. Elles sont présentes sur de très nombreuses rivières en France.
La renouée du Japon (Fallopia japonica)
Elle a été introduite comme plante ornementale, fourragère et fixatrice en Europe au milieu du XIXème siècle avec sa sœur, Fallopia sachalinensis. Elle fit son arrivée en France en 1939 et se caractérise par une croissance très rapide et une très grande capacité à coloniser les milieux, même les plus extrêmes, ce qui permet de qualifier cette plante d'invasive. On en trouve quasiment partout en France (dans notre région, elle est présente en forêt de Claye, au bois de Sevran)
Le faux indigotier (Amorpha fructicosa)
Arbuste originaire de la Californie du sud, il possède une forte capacité germinative et peut bouturer et drageonner. C'est une légumineuse en pleine progression sur les cours d'eau, notamment sur la partie aval du Rhône avec une progression spectaculaire depuis 15 ans.
sources : http://perso.orange.fr/fallopia.japonica/invasives.html
Prochain article : la sexualité des fleurs (avec l'aimable autorisation d'Eddie Kindt, auteur de l'étude)
Pourquoi des oiseaux autrefois communs, comme les hirondelles ou les alouettes, deviennent-ils de plus en plus rares aujourd’hui ?
Des études basées sur l'ensemble de la France, voire sur d'autres pays européens, montrent que les oiseaux rares ne sont pas les seuls menacés, mais que de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs, autrefois communs, régressent à travers la France et une grande partie de l'Europe. Parmi ces études, le suivi dit STOC (Suivi Temporel d'Oiseaux Communs), en place depuis 1989, et ses données centralisées au CRBPO (Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d'Oiseaux), permettent de déterminer les fluctuations d'effectifs des principales espèces d'oiseaux communs. Certaines espèces se raréfient alors que d'autres voient leur effectif se renforcer.
Les populations en déclin
Le bruant jaune
Le bouvreuil pivoine, le bruant jaune, le bruant des roseaux, le bruant proyer, le coucou gris, la huppe fasciée, la linotte mélodieuse, la mésange nonnette, la mésange boréale, la mésange noire, la perdrix grise, la pie bavarde, le pigeon colombin, le pipit des arbres, le pouillot de Bonelli, le pouillot siffleur, le pouillot fitis, la sittelle torchepot, le serin cini, le tarier des prés, le verdier d'Europe.
L'arrachage des haies et des buissons qui servaient d'abri à ces oiseau s'est combiné à l'éradication par herbicides et fauchages répétés des plantes sauvages, dans les cultures bien sûr, mais aussi le long des chemins, routes, talus, fossés et même dans les jachères pour éviter la montée en graines.
Les populations qui augmentent
La bergeronnette printanière, la bouscarle de Cetti, le bruant zizi, la fauvette orphée, la grive musicienne, le héron cendré, la mouette rieuse, la phragmite des joncs, le rougegorge, le tarier pâtre, la tourterelle turque.
Ces oiseaux semblent s'adapter mieux que d'autres aux modifications de leurs milieux. Certains se rapprochent des zones urbanisées. C'est le cas du héron cendré et de la tourterelle turque par exemple, de plus en plus visibles dans nos villes.
Des conséquences sur l'écosystème
Pour étudier les conséquences écologiques potentielles du déclin des oiseaux, une équipe de recherche a développé des bases de données complètes sur les statuts et les rôles fonctionnels des oiseaux et un modèle stochastique pour les prévisions de changement. De façon générale, 21% d'espèces d'oiseaux sont actuellement en voie d'extinction ou déclin et 6.5% sont fonctionnellement éteintes, contribuant de façon négligeable aux processus des écosystèmes. L'étude prouve qu'un quart ou plus des espèces frugivores et omnivores et un tiers ou plus d'espèces herbivores, piscivores sont en voie d'extinction ou de déclin. En outre, les projections indiquent que d'ici 2100, 6 à 14% de toutes les espèces d'oiseaux seront éteints, et 7 à 25% (28-56% sur les îles océaniques) seront fonctionnellement éteints. Les processus importants des écosystèmes, en particulier la décomposition, la pollinisation, et la dispersion de graines diminueront probablement en conséquence.
sources : rapports STOC, 2003
Prochain article : les migrations